Decoration of the Café Militaire (Military Café)
Founded in 1762, the Café Militaire (Military Café), which
was reserved for officers as was customary in all garrison towns, was located
on the ground floor of a block built in 1761 on Rue Saint-Honoré and decorated
in the Grecian style. The building was destroyed in 1855 during work on Rue de
Rivoli carried out under Napoleon III and Haussmann. The decorations were
brought to the Carnavalet Museum. Basking in praise from the press, Ledoux
successfully signed off his first work: “In this Capital there is a café with
noble new decorative details that are causing quite a stir. This is the Café
Militaire (Military Café), Rue Saint-Honoré. (…) Everything there is rich,
grand and simple, and exudes beautiful, wholesome antiquity. Mr Ledoux, who
designed and executed this decoration, is displaying the rarest of talents…”
Elie Fréron, L’année littéraire (The Literary Year) (1762).
The decoration of the Café Militaire (Military Café)
combines the classic vocabulary of ordered architecture with decorative forms
that “speak” on the theme of the warrior’s rest. The inner space of the café is
made up of twelve columns with pike and laurel patterns topped with winged
helmets, alternating with wainscoting adorned with trophies of arms and
mirrors.
Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806). |
Musée Carnavalet - Histoire de Paris
1762
BO 121 / 1 à 4
La mode des cafés se répand avec celle de la boisson du même
nom à la fin du XVIIe siècle. Le premier établissement du genre, le Procope,
ouvre rue de l'Ancienne-Comédie, en 1675. Ces " maisons de café " se
multiplient au XVIIIe siècle. On y goûte - pour les hommes du moins - une
liberté toute nouvelle : celle de se réunir, hors d'un cadre familial ou social
bien défini, pour le seul plaisir de discuter, de refaire le monde.
Élevé en 1762, au rez-de-chaussée d'un immeuble de la rue
Saint-Honoré (à l'emplacement actuel du Louvre des Antiquaires), le café
militaire était réservé aux officiers. Son décor est l'une des premières
commandes parisiennes de Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806). Ledoux qui commença
sa carrière comme décorateur, se fit connaître comme architecte en travaillant
pour la Du Barry, Louis XV, et les fermiers généraux.
La sobriété et la rigueur de cet espace évoquent, selon les
mots même de Ledoux, " un campement militaire bien ordonné pour le repos
des militaires après un combat victorieux ". Tout autour de la salle, les
faisceaux de lances, liés par les feuilles du laurier de la victoire, forment
douze colonnes triomphales qui rythment l'alternance des miroirs et des
panneaux sculptés. Comme les casques et les chimères qui couronnent les
faisceaux, le décor sculpté des lambris de hauteur est d'inspiration antique et
guerrière : trophées d'armes, étendards, boucliers où grimacent des têtes de
Méduse, couronnes de lauriers.
A l'opposé du foisonnement sinueux et délicat du rocaille,
Ledoux compose un décor viril. Verticalité des faisceaux et des moulures,
symétrie et simplicité des ornements témoignent de la nouvelle orientation du
goût.
A partir des années 1750-1760, des théoriciens, des artistes
refusent les formes contournées, " capricieuses ", au nom du retour à
la beauté et à la grandeur antiques. Ce nouvel idéal esthétique que l'on
appelle néo-classicisme triomphe sous Louis XVI. Des formes plus dépouillées et
plus rigides s'imposent aussi bien en architecture, qu'en peinture ou dans les
arts décoratifs.
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